Saint-Hyacinthe, le 5 juin 2018.

C’était la première fois qu’avait lieu un événement entièrement consacré à l’entrepreneuriat éducatif collégial. En pré-colloque de l’AQPC, 65 personnes provenant de près de 25 collèges se sont regroupées pour échanger sur les théories et les pratiques de l’entrepreneuriat collégial. Plusieurs thèmes ont ponctué les échanges du 5 juin 2018 au centre des congrès de Saint-Hyacinthe.

Robert Drolet, Cégep du Vieux Montréal, Élaine Castonguay, CCNB, Gaetan lanteingne, CCNB, Raymond Robert Tremblay, PEEC

Résumant l’esprit qui y régnait, le panéliste Gaetan Lanteigne s’exprimait ainsi concernant les visées éducatives de l’entrepreneuriat au collégial : «D’abord apprendre à s’entreprendre, puis devenir un leader et un agent de changement dans sa communauté.»

En introduction, je rappelais qu’il y a peu, il n’existait aucun regroupement ni aucune concertation parmi les responsables entrepreneuriaux des collèges. En résultaient un isolement et l’absence de vision commune. Plusieurs ressentaient le besoin de créer un point de ralliement et d’échange où nous pourrions partager nos meilleures pratiques, engager des recherches et permettre un meilleur rayonnement des activités.

C’est pourquoi une douzaine de collèges ont décidé en octobre 2016 de créer une organisation souple, mais permettant de concentrer les forces. Aujourd’hui 22, les collèges membres du Projet d’éducation entrepreneuriale au collège (PEEC), récemment constitué en organisme à but non lucratif, reconnaissent l’existence d’une demande sociale forte et d’un besoin pour les intervenants.

Le PEEC est né et vit par la volonté des répondants entrepreneuriaux. Ici, ils sont 32 réunis pour échanger leurs expertises.

De mieux en mieux réseauté, le PEEC représente désormais un mouvement de convergence et un espoir de développement pour les collèges. «Nous ne sommes pas une île, mais un archipel», rappelais-je pour souligner la diversité des approches et des visions entrepreneuriales. Il convient de propager le virus entrepreneurial, puis d’entreprendre pour réussir!

Ensuite, Béatrice Alain et Mireille Pelchat, du Chantier de l’économie sociale, ont fait ressortir l’intérêt de l’économie sociale et des entreprises à vocation sociale, non seulement comme un modèle d’économie alternative, mais aussi comme un véhicule de valeurs éducatives communautaires et solidaires. Montrant les bénéfices écologiques et économiques de cette forme d’entrepreneuriat, elles ont montré son importance pour ses retombées locales et aussi pour la vitalité culturelle des milieux. De fait, on doit se questionner : Qui gère l’entreprise? Qui décide? Quelles sont les valeurs qui président à la distribution des bénéfices? C’est ici que l’économie sociale se démarque. Parmi ses avantages, l’économie sociale rend le tissu économique local plus résilient.

Attentifs, les participants étaient intéressés par l’économie sociale.

Réjean Gauthier pour sa part a souligné l’importance du réseautage pour les étudiants aussi bien que pour les entrepreneurs confirmés. Au fond, de quoi parle-t-on en affaires? Mais de relations humaines avant tout : de sens et de valeurs partagées, d’émotions et de contacts. Il faut donc donner le gout à son interlocuteur de revenir, de te faire confiance parce que tu auras su écouter et nouer une relation, pas seulement te vendre! Or 85% de la communication est non verbale : il faut donc soigner sa présence, son ton et son langage corporel. Il faut aussi entretenir son réseau et se faire apprécier. C’est sur cette base qu’on pourra ensuite construire autre chose, comme un partenariat d’affaires par exemple. Sourire, avoir une belle attitude envers les autres est primordial. L’enjeu de la survie dans la jungle du réseautage consiste à s’adapter aux gens tout en restant soi-même. Monsieur Gauthier a distribué son livre «Dans la jungle du réseautage, version étudiante» à tous les participants qui souhaitaient le lire.

Le coordonnateur du PEEC avec Réjean Gauthier.

Suivit un panel très dynamique et enrichissant sur le thème «animation, formation et pédagogie entrepreneuriales dans les collèges», animé par Valérie Huppé, du cégep de Limoilou. Y participaient les intervenants entrepreneuriaux suivants: Gaetan Lanteigne, CCNB, Péninsule acadienne, Marielle Esclapez, Cégep de Rimouski, Anissa Keratti, Collège Montmorency, André Lamoureux, Cégep de Trois-Rivières et Melissa Philippe, chargée de projet au PEEC. Sans prétendre le résumer, soulignons quelques points saillants.

Un panel très apprécié: André Lamoureux, Trois-Rivières, Anissa Keratti, Montmorency, Malissa Philippe, PEEC, Marielle Esclapez, Rimouski, Gaetan Lanteigne, CCNB et Valérie Huppé, Limoilou.

L’entrepreneuriat éducatif se développe d’abord par un acte de volonté et un engagement de certaines personnes, puis suivent les ressources, les plans et les partenaires. Il est important de trouver une niche d’action propre et de se coordonner aux partenaires internes potentiels, ensuite aux partenaires externes. Le domaine de la formation n’est pas suffisant, car les qualités entrepreneuriales sont transversales. D’ailleurs, on voit surgir des initiatives entrepreneuriales et sociales de toute part : autant des programmes techniques que préuniversitaires et même en formation générale. Il ne faut pas en présenter une vision purement économique, car c’est d’abord une question d’engagement, d’attitudes et de comportements porteurs de valeurs et créatifs. Entreprendre est aussi un moyen d’apprendre.

Anissa Keratti, resposanble entrepreneuriale au Collège Montmorency, dispose d’une vaste expérience en financement des entreprises.

Il importe de faire des liens avec les besoins de la communauté. Ainsi, la pédagogie entrepreneuriale sera à la fois expérientielle, responsabilisante, coopérative et réflexive. Nous sommes loin du stéréotype des gens d’affaires imbus de leur seul intérêt particulier! Partant d’une situation réelle, l’intervenant entrepreneurial – enseignant, technicien ou professionnel – pose un défi : être avec les apprentis entrepreneurs dans le changement, vers un résultat. En ce sens, il devient un coach pour ceux-ci.

Tables rondes. Au premier plan: Élise Tousignant présente le CERSÉ.

Il est encore moins possible de résumer les 11 tables rondes express qui s’ensuivirent, sinon de dire que l’ambiance était intense, interactive et que la soif d’apprendre n’était jamais comblée. Heureusement, de nombreux contacts se sont établis, porteurs de projets communs.

  • André Lamoureux, La Zone entrepreneuriale, Cégep de Trois-Rivières
  • Carine Perron, CERESO, Cégep régional de Lanaudière à l’Assomption
  • Élise Tousignant, CERSÉ, Collège de Rosemont
  • Éric Darveau, OSEntreprendre
  • Gaetan Lanteigne, PhénoMènE Inc, CCNB—Péninsule acadienne
  • Jeff Doucet, JEntreprends Québec
  • François Prégent, Programme créativité-entrepreneuriat, Collège Dawson
  • Maryse Murray, Incubateur entrepreneurial, Cégep du Vieux Montréal
  • Mathieu Morin et Jasmine Clermont, Clubs entrepreneurs étudiants, ACEE
  • Pascal Marcotte, C3Estrie, Cégep de Sherbrooke
  • Valérie Huppé, Parcours entrepreneuriat-études, Cégep Limoilou
Louis Gosselin sonnait la cloche avec entrain toutes les 15 minutes.

Le cycle de quatre rencontres de 15 minutes a permis à chaque participant de se réseauter et d’acquérir rapidement une vue d’ensemble des organismes qui l’intéressaient.

Aussi convaincu qu’éloquent , Richard Filion encourage les intervenants à servir la vision commune de l’entrepreneuriat éducatif collégial.

En fin d’après-midi, le directeur général du Collège Dawson, et aussi vice-président du PEEC, Richard Filion, a résumé le cheminement de l’idée d’un regroupement entrepreneurial dans le réseau collégial.  Soulignant la passion qu’il ressentait dans la salle et qu’il partageait, il s’est appuyé sur elle pour expliquer les motivations des fondateurs. Ce dossier a laborieusement émergé des années 90. Sentant le besoin de dépasser le modèle nécessaire, mais limité, du plan d’affaires, il illustra les obstacles à faire comprendre la pertinence des compétences entrepreneuriales par la difficulté que Dawson a éprouvée pour faire accepter son nouveau programme (AEC) de créativité et d’initiative entrepreneuriale – Venture Creation In The Creative And Cultural Industries (RNA.07) – plus de deux années et demie de rencontres avec les fonctionnaires de l’enseignement collégial! Aujourd’hui partagé avec le cégep du Vieux Montréal, ce programme innovateur fait l’envie de plusieurs, et pour cause, car il s’adresse à une problématique importante de développement économique dans le milieu culturel.

Bernard Tremblay, PDG de la Fédération des cégeps, fait preuve d’autant de générosité que d’enthousiasme.

En terminant, le PDG de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, nous fit l’honneur d’une visite très significative. À travers lui, la Fédération des cégeps reconnaissait l’importance grandissante de l’entrepreneuriat au collégial. Il souligna l’importance de proposer aux jeunes des activités pour leur donner le gout de faire des projets. Pour y arriver, il convient que le Secrétariat à la jeunesse continue à reconnaitre l’entrepreneuriat jeunesse comme un axe stratégique et aux divers ministères de reconnaitre l’apport du réseau collégial, ce qui n’est malheureusement pas le cas actuellement. Dans ce contexte difficile, «vous pouvez compter sur notre appui» a-t-il conclu.

L’organisation de E3 a été subventionnée par le programme Collaboration du RCCFC. Qu’il en soit chaudement remercié.

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